Le costume traditionnel
Les soirées féringiennes













Arts et culture




Pendant longtemps encore au XIXe siècle, la culture féroïenne
s'est d'abord maintenue par la tradition orale.
Après la Réforme, la culture spirituelle devint d'expression danoise ;
les psaumes danois chantés à l'église et à la maison l'étaient
sur des airs féroïens qui se sont perpétués jusqu'à nos jours.
Ces airs, désormais transcrits, ont inspiré des compositeurs, des
chanteurs et des choeurs modernes.
La culture séculière est restée de tout temps en langue féroïenne.
Les genres transmis avant tout par la tradition orale sont les ballades,
les légendes et les contes, les devinettes et les proverbes.
La ballade la plus célèbre est Sjúrðar kvæðini,
un cycle de ballades dont le héros est Sigurd Fafnersbane et sa lignée.
C'est également le titre du premier livre publié en féroïen en 1822.
Ces ballades ont été transcrites au cours du XIXe siècle et
publiées dans Føroya kvæði, Corpus Carminum Faeroensium (1951-1972).
La langue écrite féroïenne fut créée en 1846 par V.U. Hammershaimb
et la poésie féroïenne vint littéralement au monde en 1876,
lorsque de jeunes Féroïens qui faisaient leurs études à Copenhague
écrivirent les premiers chants romantiques nationaux.
Les poèmes visionnaires publiés par J.H.O. Djurhuus dans le
recueil Yrkingar (Poèmes, 1914), prouvèrent que le féroïen était
une langue assez souple pour se prêter à une expression esthétique.

Les premiers poètes décrivant lyriquement la nature débutèrent
pendant les années 1920 ; les plus importants sont Christian Matras, d'expression
féroïenne et William Heinesen, d'expression danoise.

La nature est le motif principal de l'art pictural, qui apparut vers 1900.
Le premier peintre important est Samuel Joensen-Mikines.
Le peintre qui s'est le plus éloigné du paysage est Ingálvur av Reyni ;
le motif de base de ses tableaux est d'inspiration élevée et son lyrisme le rend universel.
Le paysage est à la base des études sur la lumière, le coloris
et la structure de Zacharias Heinesen.
Bárður Jákupsson, notamment, se rapproche de la peinture figurative.


Les maîtres de la sculpture sont Janus Kamban et Hans Pauli Olsen.
Au milieu des années 1990, de nouvelles femmes artistes ont
repris le flambeau après Ruth Smith (peintre) et Elinborg Lützen (lithographe).
Ce sont Sigrun Gunnarsdóttir Niclasen (peintre), Astrid Andreasen (textiles), Tita Vinther (tisserande) et Guðrið Poulsen (céramiste).
Listasavn Føroya, le musée des Beaux-Arts de Tórshavn, qui a
rouvert ses portes après un agrandissement important en 1993,
offre à l'art pictural féroïen un cadre digne de lui.

Le premier roman féroïen parut en 1909 et le genre du roman fit un grand pas en avant pendant les années 1930 et 1940, lorsque parurent une série d'ouvrages de William Heinesen, Heðin Brú et Martin Joensen.
Ces écrivains dépeignent le passage de l'ancienne société
agricole à celle de la pêche.
Le modernisme lyrique atteignit les îles Féroé vers 1960, avec le recueil
de poèmes de Guðrið Helmsdal Poulsen :
Lýtt lot (Brise chaude, 1963).
La poésie moderne se divise en deux groupes principaux selon
leur orientation linguistique.
Les poètes du premier groupe sont linguistiquement passéistes et introvertis ; ils veulent s'exprimer dans un féroïen aussi pur et authentique que possible, recherchant les expressions anciennes et oubliées pour leur donner un contenu neuf.
Certains, comme Carl Jóhan Jensen, retournent même tout à fait au langage ancien-nordique.
Les poètes du second groupe, au contraire, font volontiers appel à la langue parlée quotidienne, à des mots étrangers
et à des expressions d'emprunt venant à la fois du danois et de l'anglais,
comme par exemple Rói Patursson, qui reçut le prix de littérature du Conseil Nordique en 1986 pour son recueil de poèmes, Líkasum (Comme, 1986).
Ces deux groupes ont en commun une attitude critique envers notre temps et un comportement expérimental vis-à-vis de la langue.

L'autobiographie, les récits autobiographiques et les styles expérimentaux
marquent le roman moderne, comme par exemple Undir suðurstjørnum (Les étoiles au-dessus des Andes, 1996) de Gunnar Hoydal.
Le représentant principal du roman moderne est Jens Pauli Heinesen,
premier écrivain à plein temps de langue féroïenne.
L'une de ses oeuvres majeures est un roman d'artiste autobiographique en sept tomes :
Á ferð inn í eina óendaliga søgu (Voyage dans une histoire infinie, 1980-1993).
La prose féroïenne a connu un renouvellement postmoderniste
dont elle avait grand besoin avec le roman expérimental Rúm (Espace, 1995), de Carl Jóhan Jensen et avec le second livre en prose de Tóroddur Poulsen :
Sót og Søgn (Suie et Légende, 1997).

Comme l'art pictural, la musique est riche et variée en dépit de sa courte histoire.
La musique classique fut introduite aux îles Féroé pendant
la seconde moitié du XIXe siècle, une école de musique y fut établie en 1940 et les premiers disques de musique pop furent
enregistrés dans les années 1950.

Les musiciens populaires, les musiciens de variétés et les musiciens
classiques possèdent leurs associations distinctes,
et il existe un syndicat de compositeurs de plus de cent membres,
dont les principaux sont Sunleif Rasmussen et Kristian Blak.
La farandole féroïenne est cultivée dans les sociétés de danse
et les Féroïens aiment chanter puisqu'il existe au total environ 600 choristes actifs.

Cinéma
Le premier film de fiction féringien a été tourné en 1989 par Katrin Ottarsdottir : Atlantic Rhapsody. Son second film s'intitule Bye bye Blue bird. Le roman Barbara de Jacobsen a été adapté en 1997 par le cinéaste danois Malmros.

MUSEES
A Thorshavn, visitez le musée Listaskalin qui présente un fond
d'expositions permanentes sur l'art férogien.
De très belles collections de peintures sont à voir,
avec également des manifestations ponctuelles sur des artistes contemporains.
Ne manquez pas non plus la Maison du Nord qui est un centre culturel,
dédié à toute la Scandinavie.
Des concerts et des spectacles s'y déroulent régulièrement,
et une salle est consacrée à des expositions temporaires de peinture.